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Quand on observe le secteur de la franchise, il pourrait paraître difficile voire impossible ou suspect de devenir franchisé sans apport. Difficile voire impossible car le système, la philosophie de la franchise repose sur un apport initial et personnel du franchisé. Le but ? Que celui-ci, qui aura donc investi ses propres deniers se sentent pleinement responsabilisé dans la volonté de faire de son entreprise une réussite. Suspect, car la très grande majorité des franchises proposées repose sur un système d'apport personnel. Zéro euro d'apport ? Voilà qui n'est pas dans la norme. Cela paraît évidemment tentant. Mais les professionnels avertis du secteur rétorquent que, parfois, cela cache une idée de franchise dont la pérennité économique et commerciale est très fragile voire inexistante. Toutefois, il existe, au sein du secteur de la franchise, d'une part, des franchises requérant un apport nul et dont la viabilité économique paraît solide. On les trouvera dans le secteur du tertiaire.
Autre solution, si les futurs franchisés n'ont pas de moyens financiers suffisants pour prétendre avoir un apport suffisant, des statuts juridiques spécifiques, qui permettent à ces derniers notamment de payer leurs droits de manière lissée.

Les secteurs où l'apport personnel est nul ou peu onéreux

Il s'agit bien souvent de secteurs où le besoin en local, en matériel ou en stock n'est pas une nécessité. On pense, plus précisément, par exemple aux services à la personne comme l'assistance aux personnes âgées, l'entretien et le nettoyage de domicile ou de jardin, l'assistance technique ou informatique ou l'immobilier (mandataire).
Autre secteur où, généralement, l'apport personnel ne dépassera pas les 10.000€, les services aux PME. Un exemple ? Un service de collecte des subventions, l'aide aux financements à la création des PME, un service marketing, gestion ou communication sur les réseaux sociaux.

Les contrats juridiques spécifiques

Certains secteurs, dont les investissements peuvent être lourds, certains groupes de l'hôtellerie ou de la grande distribution par exemple, ont décidé de mettre en place le statut de «gérance libre ».
Le futur franchisé est au départ un « directeur salarié » à qui l'entreprise prête les sommes nécessaires à son installation. L'entreprise devenant le franchiseur, ce dernier remboursant, selon des modalités définies à l'avance, l'apport initial qui lui a été versé.

Un exemple ? Le groupe Casino propose lui le statut de « gérant mandataire salarié » aux futurs franchisés. Cette disposition juridique, créée par la loi de 2005 a pour but de favoriser le développement des PME. Une de ses particularités tient dans le fait que la rémunération de ce « gérant mandataire salarié » sera indexé sur un pourcentage du chiffre d'affaires réalisé.

Il existe aussi les « franchises participatives » : le franchiseur achetant une partie de la franchise à son futur franchisé. Ce qui donnera à ce dernier des moyens d'investir. Mais attention, cette solution présente le gros désavantage pour le franchisé de perdre en indépendance. Il faudra donc que ce dernier ajoute une clause de rachat de parts dans le contrat de franchise.


Conclusion
Si devenir franchisé sans apport est loin d'être la règle dans ce secteur, il existe toutefois des solutions, d'ailleurs de plus en plus nombreuses et diversifiées. Ainsi, certains secteurs, de par les faibles investissement qu'ils demandent, peuvent offrir une solution aux futurs franchisés sans réels moyens financiers. Autre solution, des statuts juridiques bien particuliers dont usent par exemple les grands groupes de la grande distribution. Enfin, est apparu l'idée de faire investir son futur franchiseur dans son entreprise. Mais les désavantages sont réels, si l'on ne prend pas les dispositions juridiques nécessaires lors de la signature du contrat.